Le 29 juillet dernier, les jardiniers ont eu l'occasion de découvrir les bases de la permaculture et ses applications dans les jardins communautaires lors d'un atelier présenté par Helena Arroyo à la Bibliothèque Langelier.

Souvent associée à des techniques de jardinage particulières, la permaculture est avant tout une méthode de conception qui s'inspire du fonctionnement de la nature pour créer des systèmes durables, résilients et productifs. Développée dans les années 1970 par David Holmgren et Bill Mollison, elle ne se limite pas à l'agriculture. Elle touche également à la gestion de l'eau, de l'énergie, de l'habitat et même à l'organisation des communautés.

Dans les jardins communautaires, on retrouve déjà plusieurs pratiques inspirées de la permaculture : le compostage, la récupération de l'eau de pluie, la diversité des plantations et l'aménagement réfléchi des espaces. Toutefois, la plupart des jardins communautaires s'inscrivent davantage dans une démarche d'agroécologie, puisqu'ils favorisent à la fois la production alimentaire locale, la biodiversité, l'échange de connaissances et la vie collective.

La permaculture repose sur trois grandes éthiques : prendre soin de la terre, prendre soin des gens et partager équitablement les surplus. À partir de ces valeurs, douze principes guident les décisions et les aménagements:

  • Observer et interagir : bien observer la nature pour adapter ses actions plutôt que suivre des règles fixes.
  • Collecter et stocker l’énergie : conserver les ressources quand elles sont abondantes pour les utiliser plus tard.
  • Obtenir des résultats : veiller à tirer des bénéfices du système pour le maintenir et le faire durer.
  • Auto-régulation et rétroaction : apprendre des réactions naturelles pour corriger et améliorer ses pratiques.
  • Valoriser les ressources renouvelables : privilégier ce qui est durable pour réduire la dépendance aux ressources limitées.
  • Ne pas produire de déchets : utiliser chaque ressource de façon utile pour éviter le gaspillage.
  • Concevoir du général au détail : commencer par une vision globale, puis affiner progressivement.
  • Intégrer plutôt que séparer : favoriser les interactions bénéfiques entre les éléments du système.
  • Solutions petites et lentes : privilégier des systèmes simples, durables et adaptés aux ressources locales.
  • Valoriser la diversité : renforcer la résilience en diversifiant les éléments du système.
  • Utiliser les bordures : exploiter les zones de transition, souvent les plus productives.
  • Répondre au changement : s’adapter de manière créative aux évolutions naturelles.

Concrètement, ces principes peuvent se traduire par plusieurs actions simples au jardin : améliorer la santé du sol, recycler les matières organiques, créer des habitats pour les pollinisateurs, expérimenter de nouvelles cultures adaptées à notre climat ou encore favoriser le partage de semences, de plantes et de connaissances entre jardiniers. 

La permaculture nous invite finalement à observer davantage notre environnement et à réfléchir à la façon dont chaque élément peut travailler en harmonie avec les autres. Même de petits changements peuvent contribuer à rendre nos jardinets plus productifs, plus résilients et plus accueillants pour la biodiversité. 

Et vous, quelles pratiques de permaculture appliquez-vous déjà dans votre jardinet? Quels principes aimeriez-vous expérimenter au cours de la prochaine saison?

Sources:

Livres:

Permaculture humaine: Des outils pour vivre la transition de Bernard Alonso et Cécile Guiochon, 2016.

Permaculture One de Bill Mollison et David Holmgren, 1978

Le guide du permaculteur débutant de Permaculture Design, 2026

Sites Web:

https://permafforest.fr/blog/permaculture/12-principes-de-permaculture-david-holmgren/

https://jardinierparesseux.com/le-b-a-ba-de-la-semi-permaculture/

https://www.permaculturedesign.fr