L’hortithérapie, ou thérapie par le jardinage, est une approche qui utilise le contact avec les plantes et les activités horticoles pour améliorer le bien-être physique, mental et social des individus. Aujourd’hui, reconnue dans de nombreux milieux de la santé et communautaires, elle trouve un terrain particulièrement fertile dans les jardins communautaires de Montréal.
En se promenant dans les jardins communautaires, on découvre des personnes qui jardinent pour toutes sortes de raisons : le contact avec la nature, l’activité physique, les échanges sociaux, l’amélioration de la sécurité alimentaire ou encore l’apprentissage des plantes et des techniques de culture.
Le jardinage peut aussi être une véritable forme de thérapie. Travailler la terre, semer, entretenir les cultures et observer la croissance des plantes permet de se détendre, de prendre une pause des préoccupations quotidiennes et de se concentrer sur une activité positive. Dans un jardin, les efforts sont souvent récompensés par une récolte abondante, ce qui procure un grand sentiment d’accomplissement.
Aujourd’hui, le fait de consacrer du temps au jardin et d’en suivre l’évolution au fil des jours est de plus en plus reconnu pour ses bienfaits sur le bien-être. Cette pratique se rapproche de certaines approches thérapeutiques, comme l’art-thérapie ou l’ergothérapie, qui utilisent des activités concrètes pour favoriser la santé mentale et émotionnelle.
On parle également de plus en plus des bains de forêt et de l’importance, particulièrement pour les enfants, d’être en contact avec la nature. Cependant, en milieu urbain, les jardins communautaires constituent, avec les parcs, l’un des rares lieux où il est possible d’observer et de suivre le rythme de la nature. Ils offrent ainsi un espace privilégié pour se renouer avec la nature, ralentir et profiter des nombreux bienfaits qu’elle apporte.
Une pratique ancienne aux racines profondes
Bien que le terme « hortithérapie » soit relativement récent, l’idée que le jardinage puisse contribuer à la santé remonte à l’Antiquité. Déjà, dans les civilisations grecques et romaines, les jardins étaient associés à la détente, à la contemplation et à la guérison.
Au XIXe siècle, cette intuition prend une forme plus structurée. Dans certains hôpitaux européens et nord-américains, on encourage les patients à travailler la terre dans le cadre de leur rétablissement. L’activité horticole est alors perçue comme un moyen d’occuper le corps et l’esprit tout en favorisant la discipline et le calme.
C’est surtout au XXe siècle, entre les deux guerres mondiales, que l’hortithérapie se développe réellement. Elle est utilisée notamment auprès de vétérans souffrant de traumatismes physiques et psychologiques. Peu à peu, des programmes spécialisés voient le jour, et l’hortithérapie se professionnalise.
Les bienfaits de l’hortithérapie
L’hortithérapie repose sur des effets observables à plusieurs niveaux :
- Physique : amélioration de la mobilité, de la coordination et de la force grâce aux activités de jardinage.
- Psychologique : réduction du stress, de l’anxiété et des symptômes dépressifs. Le contact avec la nature favorise l’apaisement et l’attention.
- Social : création de liens, sentiment d’appartenance et réduction de l’isolement.
- Cognitif : stimulation de la mémoire, de la concentration et des capacités organisationnelles.
Ces effets expliquent pourquoi l’hortithérapie est aujourd’hui utilisée dans des contextes variés : les centres de réadaptation, les résidences pour aînés, les écoles, les organismes communautaires ainsi que les programmes d’inclusion sociale.
Les jardins communautaires de Montréal : un terrain d’application vivant
À Montréal, les jardins communautaires occupent une place importante dans la vie urbaine. Depuis les années 1970, la Ville a développé un vaste réseau de jardins permettant aux citoyens de cultiver leurs propres parcelles.
Au-delà de la production alimentaire, ces espaces jouent un rôle social et environnemental majeur. Ils favorisent la biodiversité, l’éducation populaire et la participation citoyenne. C’est dans ce contexte que l’hortithérapie prend tout son sens.
Même lorsqu’elle n’est pas formellement encadrée, l’expérience vécue par les jardiniers rejoint les principes de l’hortithérapie :
- Le jardin devient un lieu de ressourcement dans un environnement urbain dense.
- Il permet de créer des routines positives et structurantes.
- Il favorise les échanges intergénérationnels et interculturels.
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Il offre un espace où l’on peut retrouver un pouvoir d’agir sur son environnement.
Une approche implicite mais bien présente
Dans plusieurs jardins communautaires de Montréal, des initiatives s’apparentant à l’hortithérapie émergent, souvent de manière informelle :
- activités collectives (travaux, ateliers, corvées)
- accompagnement de personnes en situation de vulnérabilité
- jardins adaptés (bacs surélevés, accessibilité)
- ateliers éducatifs sur les plantes peu connues, le jardinage, etc.
Les intervenants et coordonnateurs observent régulièrement les impacts positifs du jardinage sur les participants : l'amélioration du moral, la diminution de l’isolement ainsi que le sentiment de fierté et d’accomplissement.
Il y a des exemples de projets d’hortithérapie ou d’horticulture thérapeutique à Montréal bien intéressantes: :
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L’Institut universitaire en santé mentale Douglas, qui offre depuis plusieurs années des ateliers d’hortithérapie dans ses serres et jardins. Les activités visent notamment la participation sociale, le bien-être, la responsabilisation et le contact avec la nature.
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Le Potager Nourrir le Centre-Sud, développé sur le site de l’Hôpital Notre-Dame en partenariat avec Sentier Urbain. Le projet combine production alimentaire, ateliers d’horticulture thérapeutique et activités destinées aux usagers de différents services de santé ainsi qu'à la communauté.
Vers une reconnaissance accrue
Bien que l’hortithérapie ne soit pas toujours désignée comme telle dans les jardins communautaires montréalais, elle en constitue une dimension essentielle. De plus en plus d’organismes reconnaissent son potentiel et cherchent à structurer davantage des projets alliant le jardinage et l'intervention sociale.
Dans les jardins de l'arrondissement, nous retrouvons des camps de jour, des organismes communautaires, des garderies ainsi qu'une communauté de personnes retraitées actives qui profitent des nombreux bienfaits du jardinage.
Dans un contexte urbain où les enjeux de santé mentale, d’isolement et d’accès à des espaces verts sont bien présents, les jardins communautaires apparaissent comme des lieux privilégiés pour développer des pratiques d’hortithérapie accessibles et inclusives.
Conclusion
L’hortithérapie s’inscrit dans une longue tradition qui reconnaît les vertus apaisantes et réparatrices du contact avec la nature. À Montréal, les jardins communautaires en sont une expression concrète, bien vivante et en pleine évolution.
Plus qu’un simple loisir, le jardinage devient un outil de mieux-être, de solidarité et de transformation sociale. En valorisant cette dimension et en favorisant le développement des jardins communautaires qui contribuent non seulement à verdir la ville, mais aussi à prendre soin des communautés qui l’habitent.
SOURCES:
https://www.fondation-mederic-alzheimer.org/wp-content/uploads/2023/04/f...
https://www.mmj.fr/actualites/lhortitherapie-le-bonheur-est-dans-le-jardin
https://douglas.qc.ca/cliniques/hortitherapie/
https://phareclimat.ca/initiatives/potager-nourrir-le-centre-sud/
https://quebecvert.com/dossiers-strategiques/sante-publique/horticulture...
