La culture du safran est encore assez récente à Montréal, mais l’intérêt est en croissance. Même le laboratoire de recherche en agriculture urbaine AU/LAB offre des formations dans son jardin sur le toit du Palais des congrès.

Pour cultiver le safran à Montréal, il est important de choisir un emplacement très ensoleillé et un sol bien drainé, car les bulbes (cormes) craignent l’humidité excessive, plus particulièrement en hiver. La plantation se fait généralement à la fin de l’été, et la floraison a lieu à l’automne. Le safran demande peu d’entretien, mais nécessite une attention spéciale quant au drainage et à la protection contre les gels excessifs.

Une jardinière s’est lancée dans la découverte de cette culture l’an passé et nous partage son expérience :

En attendant la paella

Une belle surprise l’été dernier lorsque j’ai vu une offre d’un semencier pour des bulbes de safran Crocus sativus. J’ignorais totalement que l’on pouvait cultiver ici cette plante venue d’Asie. J’ai commandé 10 bulbes et je les ai reçus en août. À ce moment, je me suis empressée de les planter en creusant 20 centimètres de profondeur. J’ai aussi pensé à nos « amis » les écureuils et j’ai placé un grillage pour mettre mes bulbes à l’abri des prédateurs.

Et j’ai attendu, attendu et attendu encore. J’ai même eu le temps de voyager trois semaines en septembre et toujours rien. J’étais un peu inquiète devant le manque de résultat. Il a suffi d’une petite pluie miraculeuse pour voir apparaître en octobre les fleurs après un mois de septembre bien sec.

De toute beauté ces fleurs de crocus. Il faut toutefois récolter celles-ci rapidement pour mettre à sécher les 3 minuscules stigmates de chacune des fleurs, dit or rouge. Une bien petite production pour réaliser une paella … mais combien satisfaisante. 

Maintenant, j’attends encore. J’attends la prochaine saison pour les voir ressurgir de terre, se multiplier - je suis pleine d’espoir - et m’offrir une nouvelle récolte abondante ! Peut-être aurais-je la possibilité d’une paella et d’un risotto en extra. Et si j’avais neuf vies comme les chats, je pourrais aussi rêver devenir riche avec mon or rouge. Et vous, essayez des nouvelles cultures, ça vous tente ?

Par Danièle Laverdière, jardinière du Jardin communautaire Antenne ferroviaire Longue-Pointe

Pour connaître plus:

https://www.au-lab.ca/actualites/la-safraniere-urbaine-immersion-et-atel...

https://cultivetaville.com/portrait/maraichage/emporium-safran--portrait/